3 idées de suite pour sauver (ou tuer) la saga

Quelle suite après Jurassic World 3 ? À quoi ressemblerait un Jurassic World 4 ? On a quelques idées.

Puisque le (très) raté Jurassic World 3 sera de toute évidence un gros succès au box-office, comme le premier Jurassic World et le mésestimé Jurassic World 2 (plus d’un milliard chacun au box-office), Jurassic World 4 n’est qu’une question de temps. Peu importe la forme qu’elle prendra, cette suite de la saga culte Jurassic Park/World va forcément arriver.

Chris Pratt et Bryce Dallas Howard reviendront-ils dans la peau d’Owen et Claire, lesquels ont gagné la palme des plus belles endives héroïques de ces dernières années ? La franchise continuera-t-elle à montrer ce fameux Monde d’après, où dinosaures et humains cohabitent (apparemment) ? Reviendra-t-on sur une île, encore ? Le foutage de gueule continuera-t-il encore longtemps ?

Ecran Large n’aime pas Jurassic World 3, mais aime les dinosaures. Elle a donc réfléchi (ce qui arrive parfois) à trois potentielles pistes pour la suite de Jurassic.

 

 

PREQUEL PARK

Depuis Le Monde perdu en 1997, le même constat tragique s’impose : prolonger la mythologie portée à l’écran par Steven Spielberg n’a rien d’une sinécure, tant Jurassic Park parvenait à clore tous les arcs de son récit, laissant plus à l’imagination de son spectateur des fantasmes d’images dinosauriennes que de pistes narratives à explorer concrètement.

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Dans la suite, Spielberg lui-même n’aura trop su s’il devait inventer ex nihilo une nouvelle île, ou transporter son bestiaire en ville. D’où un Jurassic Park 2 traversé de fulgurances inoubliables… mais à la narration très lâche, dont les dialogues filmés avec une platitude inédite demeurent difficilement regardable. Ses continuateurs n’auront pas fait mieux.

Jurassic Park III développait à peine une intrigue idiote, tandis que la saga World aura brillé par ses stratégies d’évitement. Jurassic World fit mine d’ouvrir le parc… pour enfermer les touristes dans des abris à la première alerte. Fallen Kingdom agita les artefacts les plus embarrassants pour sortir de ce terrain étriqué… avant que Le Monde d’après ne renie le tout pour en revenir à un nouveau simili-parc.

 

Jurassic Park : PhotoQui fut sa première victime ?

 

Bref, puisque l’horizon semble bouché pour les dinosaures, peut-être faut-il se pencher sur leur passé. Car on sait finalement bien peu de choses de la conception puis de la construction de Jurassic Park. Quels furent les tentatives, les échecs, les ratages (qu’on imagine ravageurs en termes de sécurité) des investisseurs, ingénieurs et autres scientifiques dépêchés sur Isla Nublar et Isla Sorna, pour mettre sur pied cette phénoménale entreprise ?

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Pour imaginer ce que pourrait donner un semblable récit, plusieurs pistes s’offrent d’ores et déjà. Il y a tout d’abord l’ouverture de Jurassic Park, au cours de laquelle le transfert d’un vélociraptor tourne mal, un des ouvriers encadrant le processus étant dévoré vivant, sous les yeux horrifiés de ses collègues. Il y a fort à parier que sur les premiers mois – voire années – au cours desquels John Hammond a mis sur pied le parc Jurassic, les protocoles de sécurité ont été repensés au gré d’accidents tragiques. Un contexte dans lequel on se demande forcément sur quel festin chaotique a débuté l’histoire du parc d’attractions le plus carnivore du XXe siècle.

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Jurassic Park : Photo Laura Dern“Vivement qu’on installe Internet Explorer pour renforcer la sécurité”

 

Une autre source d’inspiration possible se trouve dans le roman de Michael Crichton, qui débute par la chronique d’attaques violentes souvent mortelles, par de mystérieux reptiles, en divers endroits du Costa Rica. Le récit d’une mère découvrant le contenu de son landau, après que des compsognathus ont fait la connaissance de son fils, demeure particulièrement glaçant.

Dans ce contexte, il y a fort à parier qu’avant d’inviter un bouquet de scientifiques de renom pour rassurer ses investisseurs, le milliardaire Hammond a essuyé d’autres visites tests nettement plus sanglantes. Avec ce concept, le prequel aurait toute latitude pour imaginer un nouveau personnage de chasseur, en retrouvant Muldoon, dont on aimerait savoir comment il a emmagasiné ses connaissances empiriques des dinos. L’occasion de se payer un Predator Park, où une troupe de véritables chasseurs apprendrait à la dure qui sont les véritables prédateurs.

 

Jurassic Park : Photo Richard Attenborough“Et donc, on doit nourrir les raptors avec les stagiaires ?”

 

Avec son charisme imperturbable, et sa certitude que la coexistence entre humains et sauriens affamés est vouée à l’enfer, Robert Muldoon pourrait tout à fait prendre la tête d’un commando tentant de sauver in extremis l’entreprise de ses propres démons.

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Le fait qu’il ait été le collaborateur de Hammond, gérant ses installations au Kenya, pourrait être l’occasion de narrer l’étiolement de leur relation, la fin d’un lien d’admiration mutuel, au fur et à mesure que le garde-chasse réaliserait combien l’hubris de son patron et mentor le mène vers une catastrophe dont il aura toujours eu à réparer les pots cassés. Se focaliser sur lui aurait comme autre avantage de permettre de recycler quelques séquences épiques du texte originel (notamment une confrontation explosive avec des raptors et un duel singulier avec le T-Rex).

 

Jurassic Park : Photo Samuel L. Jackson, Richard AttenboroughMais où ont-ils rangé la mousse à raser ?

 

JURASSIC FLIP

Personne n’a oublié les cuisines du premier Jurassic Park, où Lex et Tim essaient d’échapper à deux raptors un peu trop futés. Ou cette scène excellente (et bien trop courte) où le groupe s’enfuit en passant par les conduits d’aération. Ni celle où Ellie doit rallumer la lumière (“Monsieur Arnold !… Aaaaaah !“). Dès le premier film, l’idée d’une jubilatoire partie de cache-cache-chasse entre humains et dinos était là.

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C’était un ingrédient central du cauchemar jurassique, et la saga a continué cette tradition du frisson dans les suites. Il y a eu la caravane de l’enfer ou la tente réveillée par le T-Rex dans Le Monde perdu, le laboratoire désert (ou presque) dans Jurassic Park III, Owen caché dans la jeep dans Jurassic World, jusqu’à un Jurassic World 2 qui a transformé son décor en manoir hanté et son dino en monstre tapi dans la nuit. Même Jurassic World 3 s’y est essayé, avec notamment des mésaventures parfaitement inutiles dans le climax (éteindre l’électricité parmi les sauterelles, choper bébé Blue dans le sous-sol).

Mais le spectacle a pris le dessus. Toujours plus de (gros) dinos, toujours plus de destruction, toujours plus de bruits et de fureur, quitte à transformer Jurassic World en Mission : Impossible (voire Fast & Furious).

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Jurassic Park : photoC’est louche

 

Et s’il était temps de refermer les portes à double tour pour continuer à jouer, mais à l’intérieur ? Et si un film était constitué principalement de scènes comme celle de la cuisine et des conduits d’aération ? Et si la meilleure option pour le futur de Jurassic était d’aller (enfin) sur un véritable huis clos sauvage, où dinos et humains sont lâchés dans un décor labyrinthique ?

La trilogie Jurassic World était dictée par la folie des grandeurs, avec des colosses génétiquement modifiés pour les parcs d’attractions, et un World à la place du Park. Le fait que ce pari d’un monde ouvert ait été renié jusqu’à la blague, dans le dernier épisode, est peut-être un indice sur l’erreur d’aiguillage. Alors que les films ont été de plus en plus handicapés par la gestion des dimensions (des dinos, des décors), de la puissance des plus gros bestiaux (qui devraient pouvoir écraser à peu près tout en éternuant) et de l’idée même de la surenchère (un dino ultime toujours plus insipide), ce recalibrage plus modeste rebattrait les cartes.

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Revenir aux raptors et autres compsognathus permettrait de remettre l’accent sur la vitesse plutôt que la force, la malice plutôt que les flingues, l’évitement plutôt que la poursuite. Les affrontements seraient à taille plus ou moins équivalente, le silence aurait un rôle clé à jouer. Plus personne ne pourrait se cacher derrière un raz-de-marée CGI, et ce serait donc un boulevard pour la mise en scène (le hors-champ, le son, le suspense).

 

Le Monde perdu : Jurassic Park : PhotoC’est gros ces crocs

 

Même les gros dinos seraient servis par un décor resserré, comme dans la scène de la caravane du Monde perdu, où Spielberg restait aux côtés des personnages pour souligner leur impuissance terrifiante face aux T-Rex, tellement immenses que la caméra n’en filmait souvent que des morceaux.

Par ailleurs, ce serait l’occasion de repenser une autre donnée importante : le budget. Puisque Jurassic coûte de plus en plus cher (dans les 180 millions pour Fallen Kingdom et Le Monde d’après), il doit obéir à un cahier des charges purement hollywoodien – la niaiserie, la violence, le casting et autres “détails”. Le dinoporn a vite montré ses limites, avec des histoires au mieux répétitives, au pire complètement grotesques. Moins d’argent donnerait probablement plus de libertés, avec des contraintes qui pourraient être mises au service de la mise en scène.

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Bref : transformez Jurassic Park en Jurasurvival pur et dur, Rated R, avec beaucoup de morts et uniquement des scènes de tension, où les dinosaures sont l’équivalent des monstres dans un film d’horreur.

 

Jurassic World : Fallen Kingdom : Photo Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Isabella SermonLa Nuit au musée de l’horreur

 

DINO WAR

Même s’il serait autrement plus intéressant de s’aventurer vers de nouvelles pistes narratives, il est fort probable que la franchise reste cramponnée à la mythologie spielbergienne et que le prochain film – ou série ou peu importe – ne resserve une énième déclinaison de Jurassic Park. Pour ça, la saga pourra toujours aller piocher du côté de son spin-off animé Jurassic World : La Colo du Crétacé, dont la première saison se déroulait durant les événements du premier Jurassic World.

La saison 4 offre ainsi tout le matériel nécessaire pour une énième ramification : une nouvelle île peuplée de dinosaures après Isla Nublar et Isla Sorna, une nouvelle société de bio-ingénierie peu éthique pour remplacer Biosyn et InGen, et une nouvelle façon d’exploiter les sauriens dans la lignée des thématiques du premier volet de 1993.

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Jurassic World : La Colo du Crétacé : photoOctogones de dinos

 

Plutôt que de les exhiber aux yeux du public, les dinosaures de Mantah Corp sont en effet réservés à des combats clandestins sur lesquels des riches parient, soit une sorte de Squid Game, mais avec des dinos. Si ce genre de scénario promet de ne pas s’éloigner des sentiers battus, la configuration de l’île avec ses différents biomes artificiels à la Westworld pourrait être assez ludique et visuellement inventive, en variant les paysages pour exploiter toutes leurs spécificités (plus que Jurassic World 3 en tout cas). 

Mantah Corp faisant dans l’espionnage technologique et le trafic d’animaux issus d’Isla Sorna – que la compagnie clone pour son compte -, ce serait aussi l’occasion de combler les fosses scénaristiques du dernier film, notamment en ce qui concerne le marché noir et l’élevage clandestin de dinos sur le continent américain.

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Jurassic World : La Colo du Crétacé : photoLeur vision n’est pas basée sur le mouvement

Pour aller plus loin, la suite pourrait également récupérer les chiens robots qui surveillent l’île et poussent les dinos à combattre, avec une super-technologie déjà kitsch à la Godzilla vs. Kong. Enfin, avec la découverte d’un tigre à dents de sabre, on pourrait imaginer qu’après le Jurassique, les scientifiques pourraient s’attaquer à la faune de la dernière période glacière en recréant des mammouths ou des dodos (comme un L’âge de Glace, mais en live action).

Le concept de clonage pourrait même être poussé plus loin avec la recréation les premiers Australopithèques ou Homo Sapiens. L’incohérence historique et scientifique n’a de toute façon jamais été un frein à la saga, et Maisie est la preuve vivante qu’avec un peu de magie scénaristique et de crédulité, tout – et surtout n’importe quoi – est possible.

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