5 grands films que personne n’a vus – Actus Ciné

Des critiques dithyrambiques de films, un scénario redoutable et de grands acteurs, ne suffisent malheureusement pas toujours à assurer le succès de certaines oeuvres, douloureusement et injustement sanctionnées au Box Office. La preuve par cinq.

Il y a des destins battus de films qui font mal; très mal même. Encore plus quand les oeuvres recueillent pourtant largement les faveurs de la Critique, qui n’est jamais en retard pour sortir de la sulfateuse. On a encore en tête les exemples de West Side Story de Steven Spielberg, pourtant couvert de critiques positives par la presse, qui est le plus gros échec jamais subi par le cinéaste au cours de sa carrière.

Nightmare Alley de Guillermo del Toro a également été un échec cuisant. Et que dire de l’échec colossal du Dernier Duel de Ridley Scott ? A peine 400 000 spectateurs en France. Seulement 10 millions de dollars récoltés aux Etats-Unis, moins de 20 millions dans le reste du monde. Un échec dramatique en salles, pour une œuvre qui a coûté plus de 100 millions de dollars à produire. “Pourquoi ça n’a pas marché ? C’est la faute de ces millenials et de leurs putains de téléphones portables !” Scott avait martelé avec colère.

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Le divorce régulier entre la critique et le goût du (grand) public n’est pas non plus vraiment un phénomène nouveau. En France, Luc Besson en sait quelque chose… Pourtant, les échecs commerciaux de certaines œuvres sont profondément injustes, malgré leurs nombreuses qualités. Heureusement, mais pas toujours, le temps leur rend justice. Voici cinq grands films acclamés par la critique qui ont malheureusement été torpillés au cours de leur carrière théâtrale.

Sang simple

Petit bijou de film néo-noir, peuplé d’une galerie de personnages branchés de Redneck tous plus tordus les uns que les autres, bourrés d’humour (noir et féroce, bien sûr), Blood Simple (alias “Blood for blood” en VF) a marqué la première incursion des frères Coen dans la réalisation.

Le film voit Dan Hedaya en tant que mari jaloux embaucher un Privé (le grand Emmet Walsh) pour se débarrasser de sa femme (Frances McDormand) qui le trompe. Mais une série de complications malheureuses font que rien ne se passe comme prévu…

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Présenté dans de nombreux festivals, dont celui de Sundance, d’où il sortira couronné du Grand Prix du Jury des frères réalisateurs, salué par la critique américaine pour sa mise en scène et la qualité de l’interprétation, le film a pourtant été largement boudé par le public. , et a collecté un peu plus de 1,6 million de dollars de revenus sur le sol américain.

À l’étranger, il n’a guère fait mieux : 1,03 million de dollars. Un total de 2,73 millions malheureux et dérisoires pour un film qui a déjà coûté 1,5 million. Heureusement, le temps a fait son œuvre et le public a depuis largement réévalué le premier film des Coen, l’élevant au statut de culte.

coureur de lame 2049

C’est un euphémisme de dire que l’annonce du début de construction d’une suite à Blade Runner, film SF phare qui a marqué l’histoire du cinéma, a été accueillie au premier abord par des fourchettes par les fans. A quoi bon donner suite à un travail déjà parfait, dont nous n’avons pas encore fini d’épuiser toutes les richesses ?

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Denis Villeneuve a pourtant su brasser avec une intelligence déroutante l’héritage de son glorieux aîné sorti 35 ans plus tôt. “Alors que le Blade Runner original a (finalement) été adopté pour son potentiel non réalisé, sa suite se classe parmi les plus grands films de science-fiction de tous les temps” a enthousiasmé le Revue de variétés, Peter Debruge.

Découvrez la bande annonce du film…

Qu’importe vraiment si Ridley Scott trouvé le film “Putain trop longtemps”ou que le producteur du premier film, Michael Deeley, prend à la gorge l’œuvre de Villeneuve en balançant un “c” amicalC’est de l’auto-indulgence au minimum, de l’arrogance probablement, et c’est criminel.”

Hypnotique et parfois contemplatif, porté par une bande-son qui sait être élégiaque, sublimée par une photographie signée du grand chef op’ Roger Deakins qui sera oscarisé pour son fabuleux travail, ce Blade Runner 2049 est du grand cinéma. Et il y avait le plaisir évident de retrouver Harrison Ford dans un rôle qui l’a aussi fait entrer dans la légende, aux côtés de celui de Han Solo.

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Mais ce fut une gifle au box-office, ne rapportant même pas 100 millions de dollars aux États-Unis. Et ce ne sont pas les presque 260 millions de dollars de la BO mondiale qui parviendront à absorber les 150 millions de dollars que le film a coûté, hors budget marketing. Il a même perdu 80 millions de dollars au profit de la société de production du film qui détenait les droits, Alcon Entertainment. Les deux Oscars du film et les critiques généralement très positives n’ont guère sauvé un film conçu comme un film tentpole; c’est-à-dire une franchise capable de générer d’énormes profits.

Le souhait de Villeneuve de faire une suite risque bien de rester une chimère pendant un moment… Même si les ayants droit ont depuis donné leur bénédiction pour une série animée, Blade Runner – Black Lotus, ainsi qu’une série en devenir, Blade Runner 2099. Des entreprises qui sont quand même moins chères qu’un gros One Shot sur grand écran.

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Les fils des hommes

En 2013, Alfonso Cuaron propulsait les spectateurs émerveillés par son grand tour de force qu’était Gravity. Couronné par sept Oscars dont celui du meilleur réalisateur, le film avait récolté plus de 723 millions de dollars au Box Office mondial.

De quoi effacer le douloureux souvenir du gros échec de son précédent film, Les Fils de l’homme. Unanimement salué comme l’un des plus grands films de science-fiction de ces dernières années, il s’est pourtant écrasé aux portes du marché américain, ne récoltant que 35 millions de dollars, sur un budget de 76 millions de dollars ; même chose à l’international.

Découvrez sa bande-annonce…

Se déroulant en 2027, le film mettait en scène Clive Owen, alias Théodore Faron, un ancien militant chargé de protéger une femme enceinte, représentant le dernier espoir d’une humanité devenue stérile, en proie au chaos et vivant ses derniers instants.

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L’adoration du film par la Critique avait pas mal soufflé dans les voiles de l’ouvrage, qui a récolté trois citations à l’Oscar, dont celle du scénario le mieux adapté. Malheureusement, rien pour sauver sa carrière en salle. Si le film compte désormais de nombreux adeptes, il gagnerait tout de même à être plus (re)connu.

La cité perdue de Z

Entre le Box Office et James Gray, c’est malheureusement toujours une lune de miel contrariée. “Ma génération, je la regarde avec dégoût” il lâchera prise amèrement en 2021, donnant son avis sur l’état actuel du cinéma hollywoodien, et déplorant notamment le fait que nombre de ses confrères cèdent trop facilement aux sirènes des films de super-héros…

Grand film d’aventure sorti en 2017, La Cité perdue de Z a malheureusement connu un très douloureux échec en salles, avec un peu plus de 391 000 spectateurs en France. Au box-office mondial, il n’a même pas rapporté 20 millions de dollars. C’est dire la violence de la gifle, qui avait la force d’un uppercut… Une injustice cruelle, tant l’œuvre puissante de Gray ne manque pas d’atouts.

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A commencer par son casting très solide : Sienna Miller, Tom Holland, Robert Pattinson, et bien sûr Charlie Hunnam, dans le rôle-titre du colonel Percival Fawcett, l’explorateur à l’origine du mythe de l’Amazonie.

Les huit expéditions de Fawcett au cœur de l’Amazonie constituent l’une des aventures les plus extraordinaires du XXe siècle. Capitaine puis colonel de l’armée britannique, prototype de l’explorateur anglais à la fois visionnaire et flegmatique, Fawcett s’était juré – sur la base d’anciennes chroniques portugaises et d’indications d’un voyant – de retrouver les ruines d’une ville antique enfouie dans le l’obscurité de la jungle brésilienne.

Ironie du sort, celui que nous en étions venus à considérer comme un aventurier fantasque aurait bien pu avoir raison : en 2018, d’immenses ruines ont été découvertes dans la région où il a disparu, qui pourrait bien être la ville tant rêvée et recherchée.

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Le film de Gray a été amélioré par des photographies somptueuses de l’un des plus grands directeurs de la photographie en activité, Darius Khondji ; tourné également dans des conditions très difficiles, comme nous l’a dit James Gray lorsque nous l’avons rencontré lors de sa venue à Paris, et a esquissé des parallèles frappants avec l’œuvre Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, adapté au cinéma par Coppola avec Apocalypse Now…

A vrai dire, un film que l’on place prudemment à côté d’un autre film d’aventure extraordinaire dans la même veine (à voir absolument !!!), Aux Sources du Nil de Bob Rafelson. Une oeuvre devenue rare, jamais sortie en DVD chez nous, ni même en blu-ray. Si d’aventure un éditeur pouvait se pencher sur la question…

L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

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En 2000, le cinéaste néo-zélandais Andrew Dominik détache une grenade lancée au visage d’un public médusé par la violence de son tout premier film, Chopper. Porté par un incroyable Eric Bana, le film évoquait l’histoire sanglante et authentique de Mark Read, l’un des plus grands tueurs en série australiens, surnommé “Chopper” en raison de sa propension à la mutilation, y compris sur lui-même.

Cinéaste rare, Dominik ne revient au cinéma que sept ans plus tard, avec une œuvre fulgurante : L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Coproduit par Brad Pitt, qui y incarne la figure mythique de l’Ouest américain face à un formidable Casey Affleck, ce western fluvial, aussi contemplatif que poétique et mélancolique, dans lequel le temps semblait s’étendre, s’est laissé bercer par le prodigieux hiver photographie de l’immense Roger DeakinsEncore lui.

Une approche esthétique aussi sublime qu’inspirante : le film de Dominik figure en bonne place parmi les glorieuses influences du studio Rockstar pour son extraordinaire western vidéoludique, Red Dead Redemption II.

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Voici à nouveau la bande-annonce…

Dire que ce film extraordinaire est passé inaperçu en salles en 2007 est un euphémisme : à peine 3,9 millions de dollars de recettes au box-office sur le sol américain, et 11 millions de dollars à l’international. Des chiffres qui font mal par rapport au budget du film, 30 millions de dollars. En France, il n’a même pas attiré 300 000 spectateurs, malgré la promesse de sa tête d’affiche.

« Une fresque éblouissante […] qui entraîne ses personnages vers leurs destins tragiques avec le caractère implacable d’une tragédie grecque” a écrit Variété. “L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford” est […] un retour magnifique à une époque où les cinéastes trouvaient toutes sortes de façons de remodeler l’un des genres les plus anciens et les plus durables d’Hollywood.” Impossible d’écrire un plus bel hommage. Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous ne l’avez jamais vu.

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