A la Mostra de Venise, Netflix repart bredouille

La Mostra de Venise a braqué les projecteurs sur la tragédie des opiacés en couronnant, samedi 10 septembre, Toute la beauté et l’effusion de sang par l’Américaine Laura Poitras, sur ce scandale sanitaire qui a fait des centaines de milliers de morts aux États-Unis. Après onze jours de compétition durant lesquels 23 filmss étaient en lice, le jury a couronné ce documentaire bouleversant.

Il consiste en un voyage à travers la vie de Nan Goldin, photographe de 68 ans connue pour ses clichés de l’underground new-yorkais et des années sida, elle-même victime d’une addiction aux opiacés et engagée dans une ardente croisade pour dénoncer la firme Sackler, leur principal producteur.

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C’est le troisième Lion d’or consécutif décerné à une réalisatrice, après la Française Audrey Diwan l’an dernier (L’événement) et sino-américaine Chloé Zhao (Terre Nomade) en 2020.

Prix ​​spécial pour Jafar Panahi emprisonné en Iran

Présidé par l’actrice Julianne Moore, le jury de la Mostra a envoyé un autre signal politique en décernant un prix spécial au réalisateur iranien Jafar Panahi, emprisonné depuis juillet par le régime des mollahs. Dans Pas d’ours(Les ours n’existent pas)il met en abîme ses propres difficultés à tourner dans son pays, dans un brillant pied de nez à la censure, tout en rendant hommage à son grand prédécesseur, Abbas Kiarostami.

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Plus glamour, les prix d’interprétation ont été décernés à des stars des tapis rouges : Cate Blanchett pour Le goudronde Todd Field, dans lequel elle joue le rôle d’un chef d’orchestre homosexuel qui dirige l’Orchestre philharmonique de Berlin, et Colin Farrell pour Les Banshees d’Inisherin de Martin McDonagh, sur la guerre civile en Irlande.

La Française Alice Diop a remporté une double récompense (le Lion d’Argent et le Grand Prix du Jury) pour Saint-Omer, son premier long métrage de fiction – après plusieurs documentaires – sur le procès d’une mère infanticide, une œuvre formellement épurée. L’Italien Luca Guadagnino, souvent salué par la Mostra, a reçu le Lion d’argent du meilleur réalisateur pour Os et tout.

Netflix absent des charts

En revanche, le palmarès sonne comme une claque pour le géant de la vidéo en ligne Netflix, en quête de légitimité cinéphile à Venise. Privé de compétition cannoise car ses films ne sortent pas en salles, il a présenté pas moins de quatre films à la Mostra, premier festival à l’avoir admis en compétition en 2015.

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Las, ni la performance d’Ana de Armas en Marilyn Monroe dans le film biographique Cheveux blonden ligne fin septembre, ni la démesure du Français Romain Gavras dans sa description de l’insurrection d’une banlieue (Athéna) n’a pas convaincu le jury. Pas plus que le Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, qui a perdu les spectateurs dans les méandres de son bardeou encore l’Américain Noah Baumbach, qui n’a pas retrouvé le charme de ses précédents films avec Bruit blanc.

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Les couronnes du festival de Deauville après-soleil, par Charlotte Wells

Clôturant en même temps que la Mostra, samedi 10 septembre, le 48ème Festival du Cinéma Américain de Deauville a décerné son grand prix à après-soleil, un film poignant sur les relations estivales d’un père un peu perdu, avec sa fille qui tente de lui redonner goût à la vie. Il s’agit du premier long métrage de Charlotte Wells, une Écossaise née en 1987 et vivant aujourd’hui à New York. « Par l’art de la mise en scène, le réalisateur parvient à faire un miracle de chaque instant filmé », s’est enthousiasmé Arnaud Desplechin, le président du jury. Le film, qui avait déjà reçu le prix de “touche française” à Cannes, a également reçu le Prix du Jury de la Critique à Deauville.

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Ce festival avait choisi pour cette édition de faire la part belle aux premiers films de réalisateurs, pour la plupart inconnus du public : 8 sur les 13 en compétition. Deux autres premiers longs métrages ont également reçu le prix du jury ex-aequo. Il est poney de guerreune plongée dans l’univers amérindien filmée par le duo de producteurs, Riley Keough et Gina Gammell, déjà récompensé par la Caméra d’Or au Festival de Cannes, et Palmiers et lignes électriques, un film sur l’adolescence réalisé par Jamie Dack.

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