Girl in the Picture, retour sur un crime aux multiples facettes

Sorti le 6 juillet sur Netflix, Fille sur la photo plonge dans les abysses d’un fait divers qui a duré plus de 27 ans.

Oklahoma City, 1990. Dans la nuit du 25 avril, plusieurs hommes ont vu un tas de verre brisé le long d’une route abandonnée. Un peu plus loin, le corps inanimé d’une jeune femme blonde est toujours allongé sur le côté. Ce dernier a visiblement été écrasé, oscille entre la vie et la mort, et est immédiatement transféré à l’hôpital le plus proche. Sur place, un homme, Clarence Hughes, vient à son chevet. Il s’agit de sa femme Tonya, une strip-teaseuse de 21 ans, mère de leur fils de 2 ans. Elle a succombé à ses blessures quelques jours après son hospitalisation.

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Très vite, le conjoint inconsolable se transforme en suspect aux yeux des autorités. Soupçonné d’avoir joué un rôle dans le meurtre de sa femme, il se voit retirer la garde de son enfant, Michael – alors placé dans une famille d’accueil – et exiger un test de paternité. Alors que celle-ci s’avère négative, attestant que Clarence Hughes et l’enfant n’ont aucun lien de parenté, les enquêteurs contactent la mère de la personne disparue. Avec étonnement, cette dernière leur assure qu’elle a perdu sa fille 20 ans plus tôt, alors qu’elle n’avait que 18 mois. Le mystère s’épaissit alors autour de cette jeune inconnue : qui était-elle vraiment ? Qui l’a tuée ? Était-elle en sécurité avec son mari ?

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Sorti le 6 juillet sur Netflix, le documentaire Girl In The Picture: crime dans l’abîme plonge dans les abysses d’une affaire aux multiples rebondissements, entre meurtres, viols et enlèvements. Le film, basé sur les recherches du journaliste d’investigation Matt Birkbeck, donne vie à tous les éléments de l’enquête de son livre, Un bel enfant, qui a permis la résolution de l’affaire, près de 27 ans plus tard.

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En vidéo, la bande-annonce de Girl In The Picture: crime dans l’abîme sur Netflix

De Sharon Marshall à Tonya Hughes

En 1994, quatre ans après la mort de celle qui s’est présentée comme Tonya Hughes, l’affaire a pris un tournant. Clarence Hughes, qui n’a plus de droit de visite avec son enfant, entre dans l’école primaire de son fils présumé et le kidnappe. A la télévision, les images de l’homme et du petit garçon sont relayées sur toutes les chaînes d’information, mettant en lumière le meurtre de sa femme. Une aubaine, puisque c’est ainsi que Jenny Fisher, résidant dans la ville de Forest Park, en Géorgie, reconnaît alors le visage de son ancienne meilleure amie de lycée, une certaine Sharon Marshall.

En 1984, six ans avant le meurtre, les deux amis étaient tous deux élèves au lycée de la ville de Forest Park, dans l’Est des États-Unis. Sharon Marshall était une adolescente prometteuse, une « élève douée » qui faisait l’unanimité auprès de ses camarades de classe. “Brillante”, “belle”, qui “aimait ceux qui étaient rejetés”, disaient-ils d’elle. Mais personne ne sait que la jeune fille aux cheveux blonds est victime d’un père violent, nommé Warren Marshall, alias… Clarence Hughes. Un beau jour, alors que l’étudiante confie à son amie Jenny Fisher qu’elle est enceinte de son petit ami, elle disparaît avec son père, sans laisser de trace.

Franklin Delano Floyd, le récidiviste

En 1990, alors que les enquêteurs tentent de reconstituer le puzzle et de reconstituer les différentes identités de Tonya-Hughes-Sharon-Marshall, ils poursuivent également leurs recherches sur le mari – père ? – avec deux visages. Recherché dans tout le pays après l’enlèvement du petit Michael, l’homme est finalement démasqué lorsqu’il tente de retirer la somme de son assurance-vie, elle-même liée à un numéro de sécurité sociale. Clarence-Hughes-Warren-Marshall, s’appelle en fait Franklin Delano Floyd. C’est un récidiviste, en fuite depuis 1973, déjà reconnu coupable d’enlèvement, d’agression sexuelle et de vol qualifié. À peine la soixantaine, il a été arrêté, seul, près de deux mois après l’enlèvement de l’enfant, à Louisville, dans le Kentucky.

Michael, l’enfant de Suzanne Marie Sevakis, kidnappé par Franklin Delano Floyd. CopyrightNetflix

Outre l’arrestation de Franklin Delano Floyd, alors condamné à mort pour meurtre et enlèvement, les autorités peinent à mettre la main sur le petit Michael, et à élucider le mystère entourant la véritable identité de sa mère. Ce n’est qu’en 2015, lors d’un interrogatoire du FBI, face aux agents Scott Lobb et Nate Furr, que Loyd révèle ce qui se cachait sous le masque de la jeune femme.

Suzanne Marie Sévakis

En 1970, vingt ans avant le meurtre, Franklin Delano Floyd, déjà recherché par la police, se faisait appeler Brandon Williams. Cette même année, il rencontre une certaine Sandi Chipman, une mère célibataire désabusée, qui a déjà eu quatre enfants d’un précédent mariage. Parmi eux, une jeune fille blonde, prénommée Suzanne Marie Sevakis. Franklin Delano Floyd propose à Sandi Chipman de l’épouser et de l’aider à la garde de ses enfants. Mais en 1975, lorsque ce dernier est arrêté par la police et condamné à 30 jours de prison pour escroquerie, le criminel en profite pour kidnapper ses quatre enfants.

Retour en 2015. Face à la caméra du FBI, Franklin Delano Floyd dit toute la vérité. Il aurait déposé trois des enfants de Sandi Chipman – Amy, Allison et Phillip – avant de kidnapper la petite Suzanne, la faisant d’abord passer pour sa fille, sous le nom de Sharon Marsall. Apprenant qu’elle est enceinte de son petit ami, Floyd décide de fuir, de la faire passer pour sa femme et d’élever le petit, devenant ainsi la famille Hughes. Pendant de nombreuses années, la mère et l’épouse, rebaptisée Tonya Hughes, ont été violées, battues et prostituées.

A écouter, le podcast de la rédaction

Franklin Delano Floyd avouera très vite, lors de son interpellation, avoir tué le petit Michael, de deux balles dans la tête, le premier jour de son enlèvement. A ce jour, le corps n’a toujours pas été retrouvé par la police, et les recherches sont toujours en cours. Floyd nie cependant le meurtre de la jeune mère, Suzanne Marie Sevakis. Condamné à la peine de mort, il attend toujours son heure dans le couloir de la mort de l’Union Correctional Institution en Floride.

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