Haute-Garonne : Netflix met en ligne le documentaire consacré à l’affaire Bamberski

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La célèbre plateforme de contenus à la demande, Netflix, a diffusé le 12 juillet le documentaire sur l’incroyable affaire judiciaire Bamberski. Deux avocats toulousains y ont participé.

Après un film “Au nom de ma fille”, sorti en février 2016 où Daniel Auteuil joue son rôle, celui d’André Bamberski, c’est au tour de la plateforme Netflix de s’emparer de son histoire. A travers un documentaire d’1h24, le réalisateur Antoine Tassin retrace plus de trente ans de bataille judiciaire menée par André Bamberski, père de Kalinka, 14 ans, retrouvée morte en juillet 1982 en Allemagne. Le père de cette jeune fille, habitant en Haute-Garonne, nourrira dès cette date la certitude que c’est son beau-père, Dieter Krombach, un médecin allemand, qui l’a d’abord violée puis tuée. “Evidemment, l’histoire par son originalité, son côté incroyable et tous ces retournements de situation se prête à ce format de documentaires”, note Me Alexandre Parra-Bruguière qui a participé à la production. En avril 2021, les équipes de Netflix débarquent à Toulouse pour tourner des images de la commune de Pechbusque où vit le père de Kalinka depuis 1976 et des avocats toulousains qui ont participé à ce « sacerdoce » judiciaire dont Me Parra-Bruguière qui a défendu Danielle Gonnin, la mère de Kalinka et Me Laurent de Caunes, chargé de l’action d’André Bamberski.

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André Bamberski s’est battu pendant des décennies pour obtenir justice pour sa fille décédée en 1982.
DDM Xavier de Fenoyl

Au fil des minutes, ce documentaire plonge le spectateur dans l’intimité et dans l’esprit des protagonistes. « Il y a un énorme travail documentaire, ce sont des professionnels de haut vol. Tout est mesuré, rien n’est laissé au hasard. De tous les shootings que j’ai réalisés, celui-ci reste l’un des plus qualitatifs. Il y a un vrai respect du contradictoire, de la procédure », assure l’avocate toulousaine, Me Parra-Bruguière. Un avis partagé par son confrère Me Laurent de Caunes. “Cette équipe avait une maîtrise du fond et de la forme, ils connaissaient très bien le dossier”, note-t-il. Pendant des heures, dans leurs bureaux toulousains, les deux avocats pénalistes ont inlassablement répondu aux questions de la production. “C’est l’un des plus gros dossiers que j’ai eu à gérer dans ma carrière, participer à ce documentaire m’a semblé normal et surtout une expérience inoubliable”, glisse encore Me Parra-Bruguière. “Un dossier qu’on n’oublie jamais”, renchérit Me Laurent de Caunes. Paysages filmés à l’aide d’un drone, images d’archives, interviews de témoins… Netflix a, comme lors de la mise en ligne du documentaire sur l’affaire pénale du “Petit Grégory” ou sur les attentats du 13 novembre 2015, réalisé un documentaire “true crime” ou véritable antécédent criminel, de qualité. Au fil des interviews, on découvre le combat acharné “d’un père qui veut rendre justice à sa fille” comme il l’indique devant la caméra.

15 ans d’emprisonnement

Et c’est finalement ce qu’il obtiendra plus ou moins en 2012 lors d’un dernier procès en appel devant la cour d’assises du Val-de-Marne. Dieter Krombach a ensuite été condamné définitivement à 15 ans de réclusion criminelle en 2012. En février 2020, alors qu’André Bamberski qui habite à Pechbusque dans le sud de Toulouse tentait de faire son deuil, Dieter Krombach a été libéré “pour des raisons de santé”. Il meurt quelques mois plus tard. André Bamberski, qui a visionné plusieurs fois ce film, avoue qu’il « décrit bien le dossier dans l’ensemble, mais cela reste un documentaire tronqué ». Le père de Kalinka, aujourd’hui âgé de 85 ans, estime que le résultat n’est pas à la hauteur de ce qu’il attendait. « Il n’y a pas toute la part des dysfonctionnements de la justice et le documentaire n’apporte rien de plus que celui de Faire entrer l’accusé. La production ne dit pas ce qui s’est passé de 2011 à la mort de Krombach en septembre 2020″, insiste André Bamberski, amer. Après près de 40 ans de combat, André Bamberski continue de se battre.

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