Josh O’Connor : “Dans ce film, il serait absurde de ne pas avoir de scènes de nu”

Pour la réalisatrice de 45 ans, révélée par son premier film bouleversant, Bang Gang (une histoire d’amour moderne) en 2015, cette romance tragique représente “tout ce qui m’excite dans la vie : l’écriture, le sexe et le pur cinéma” . “Cette histoire nous parle à tous. Elle parle de notre expérience d’être humain. La vie est pleine de tragédies, de deuils. Le scénario et le roman présentent cela d’une manière très délicate. Le film est le moyen idéal pour explorer cette expérience.”

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Tension érotique

Après avoir retracé de manière assez maladroite le quotidien des combattants kurdes contre Daech en Les Filles du Soleil avec Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot en 2018, Eva Husson s’attaque ici au film historique anglais. “Ce qui m’attirait n’était pas l’époque. J’étais plus influencé par d’autres films d’époque, comme The Age of Innocence (de Martin Scorsese en 1993, NDLR) Carol (par Todd Haynes en 2015) , où tout tourne autour des relations et de ce que cela signifie d’être humain. Peu importe de quelle période il s’agit.” croit Eva Husson.

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la fête des Mères dépeint la passion amoureuse de manière très sensuelle, voire érotique. Odessa Young et Josh O’Connor apparaissent souvent nus à l’écran. La nudité ne dérange pas le jeune acteur britannique. “On est tous mal à l’aise avec son corps. Mais là, je suis à l’aise, parce que j’aime faire des films, pour trouver toute la vérité d’un personnage. Dans un film comme celui-là, il serait absurde de ne pas avoir de scènes de nu. Parce que la nudité raconte la moitié de l’histoire. Comment croire à cet amour absolu, à cette vulnérabilité totale entre deux êtres ? D’un côté, les dialogues, de l’autre, c’est ça l’image. Dépouiller les deux personnages jusqu’à leur nudité la plus intime est une étape importante. Je ne suis à l’aise avec mes scènes de nu que si elles sont nécessaires. Les voici…”

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Changer l’apparence des gens

Dans son film, Eva Husson présente un personnage masculin en rupture avec les conventions de son temps, qui accepte sa fragilité. “La toxicité réside dans cette vision des hommes comme toujours forts, fiables, infaillibles… Mais ce n’est pas la vie ! Prenez Superman, c’est risible. Les super-héros sont risibles; c’est un refus de grandir. Mon expérience du monde est remplie d’hommes étonnants et en difficulté. C’est ça qui est beau” explique le réalisateur.

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Son acteur va dans le même sens : “On voit de plus en plus ce genre de rôles, parce qu’on en a besoin. Le cinéma doit montrer des hommes qui essaient de comprendre leur place dans le monde et l’origine des privilèges dont ils jouissent depuis si longtemps. Si on voit plus ces rôles masculins à l’écran est que les femmes scénaristes et réalisatrices n’écrivent pas seulement pour les actrices, elles écrivent aussi pour les acteurs.”

La culpabilité du survivant

Le Paul Sheringham de la fête des Mères ressemble beaucoup au prince Charles dans La Couronne . Considérons un homme qui doit faire face à des choix de vie qui lui sont imposés par ses parents, par la société dans laquelle il évolue. “Ce n’est pas une décision consciente, mais c’est vrai que j’ai tendance à jouer des hommes qui font face à des problèmes de masculinité et de pouvoir. acquiesce l’acteur. On m’a aussi parlé de la proximité entre mes personnages dans La Couronne et en Only the Earth (romance homosexuelle dans la campagne anglaise de Francis Lee en 2018, NDLR) . Le lien ne m’est pas apparu directement, mais il est vrai. Le prince Charles a du mal à exprimer ses émotions à cause de sa classe sociale, tout comme Johnny Saxby. Les classes supérieures et inférieures ont ceci en commun… »

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Ce que Josh O’Connor a vraiment aimé quand il a lu le scénario de la fête des Mères c’est aussi le fait que la fragilité du personnage est liée à son statut de survivant. “Ce qui m’intéressait chez lui, c’était la culpabilité du survivant. Les deux frères de Paul sont morts à la guerre, ainsi que deux de ses amis. Il est censé épouser une femme qu’il n’aime pas, qui aurait dû être la femme de quelqu’un d’autre, parti… C’est évidemment la recette du désastre. Celui qui reste porte tout le poids des attentes des parents des autres garçons. Je me suis vraiment accroché à ça pour construire mon personnage…”

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Critique du film dans “Arts Libre” du mercredi.

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