Le cauchemar de Woodstock de 1999 raconté sur Netflix

La nouvelle série en trois parties du réalisateur britannique Jamie Crawford porte bien son nom. Le tristement célèbre festival de Woodstock de 1999 avait en effet toutes les caractéristiques d’un déraillement de train (accident ferroviaire), mais qui s’est déroulée au ralenti. Les intentions initiales des personnes qui ont imaginé l’événement étaient cependant nobles, à commencer par Michael Lang, co-fondateur du Woodstock original.

Après une tentative de recréation du festival en 1994, ruinée par la pluie, Lang accepte de renouer avec l’aventure cinq ans plus tard avec John Scher, l’un des promoteurs les plus en vue du New Jersey à l’époque.

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En tant que président et fondateur de Metropolitan Entertainment Consultants, qui a signé des mastodontes comme The Rolling Stones et The Who, John Scher a d’abord prétendu avoir un budget presque illimité, mais l’équipe qui a organisé le festival s’est vite rendu compte que l’homme capricieux préférait les économies à la limite, obsédé par son objectif de faire du profit.

Lang et Scher espéraient recréer l’atmosphère du légendaire Festival de Woodstock, tenu dans une paix relative en 1969 à Bethel, New York. La suite de l’histoire sera une douloureuse leçon d’humilité pour les deux producteurs.

Tous les ingrédients d’une catastrophe

Avec le recul, les précurseurs de l’échec de Woodstock 1999 sont étonnamment clairs, à commencer par le choix du lieu du festival : une base militaire désaffectée au milieu de l’État de New York, à Rome, ville de 30 000 âmes.

Au-delà de l’austérité inhérente au lieu, l’aménagement des scènes obligeait les festivaliers à faire des allers-retours sur une interminable surface asphaltée. Conjugué à une canicule suffocante et à l’absence de zones ombragées, ce choix de site s’est avéré être l’un des premiers écueils du festival. Plus de 1 000 personnes ont été soignées pour coup de chaleur ou déshydratation pendant les trois jours du festival.

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La sécurité poreuse à l’entrée du site, où les mélomanes devaient jeter leurs bouteilles d’eau tout en passant allègrement de la drogue, dont beaucoup d’ecstasy, a aggravé la situation. Entre le trop peu de points d’eau et les prix gonflés des boissons vendues aux buvettes, le résultat fut une foule excitée mais assoiffée.

Le dernier jour du festival, des festivaliers en fin de peine ont même cassé les canalisations pour avoir accès à l’eau sans faire la queue éternellement aux fontaines. L’eau s’est ainsi mélangée à la boue et aux déversements des toilettes chimiques à proximité pour créer un autre problème de santé publique : l’eau contaminée par des matières fécales.

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Limp Bizkit et la masculinité toxique

Au-delà des installations médiocres, plusieurs autres éléments ont contribué à créer une tempête parfaite à Woodstock 1999, à commencer par la foule elle-même. Plutôt homogène, cette dernière était en grande partie composée d’hommes blancs d’une vingtaine d’années qui ont grandi avec des films faisant la promotion d’une masculinité toxique, comme Tarte américaineou même la violence physique, comme club de combat.

Comme l’évoquait l’un des membres de l’équipe organisatrice dans le premier épisode de la série, la programmation du festival n’avait rien non plus pour apaiser ces jeunes en quête de sensations fortes. Korn, Limp Bizkit, Kid Rock, Metallica et Rage Against the Machine sont des groupes dont la musique tourne autour de l’agressivité.

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La foule, qui atteint à certains moments 250 000 personnes, est d’ailleurs fortement influencée par l’énergie qui se dégage de certains concerts. Korn avait donné le ton vendredi, mais c’est vraiment lors du concert de Limp Bizkit le lendemain qu’on a senti les plaques tectoniques s’entrechoquer.

Le moment où Fred Durst a frappé le coup Casser des choses (casser des choses en français), le public a pris ses paroles au pied de la lettre et s’est littéralement mis à démolir le site. L’ironie était à son comble le dernier soir du festival lorsque le rappel des Red Hot Chili Peppers, qui ont interprété la chanson Feu par Jimi Hendrix, alors que les gens dans la foule allumaient d’énormes feux à plusieurs endroits autour de la salle.

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Sans divulguer toute la série, on parle aussi d’agressions sexuelles, de voitures renversées et de bagarres sanglantes.

Trainwreck: Woodstock99 regorge d’archives vidéo et d’interviews de personnes ayant assisté au festival ou participé à son organisation. Même si l’on connaissait la réputation négative de l’événement, il y a quelque chose de franchement troublant et d’étrangement fascinant à le revivre à travers ces images détaillées ; un polaroid de ce qui peut arriver quand une foule est poussée à l’extrême.

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