Marion Vernoux filme le quotidien de jeunes vies à vendre

Jessica (Bintou Ba) dans

FRANCE 2 – MERCREDI 22 JUIN À 21H10 – TÉLÉFILM

Avant de voir comme des reines, il faut retirer le dossard service public du film de Marion Vernoux. Il s’agit bien sûr d’un film sur, en l’occurrence, la prostitution des mineurs, et ses initiateurs étaient guidés par le désir d’informer, de dénoncer. Si la metteure en scène et ses interprètes accomplissent ces missions, ils y parviennent en épargnant didactisme, psychologie, excès d’empathie. comme des reines dépeint avec une sécheresse et une précision glaçantes un moment atroce et banal de la vie d’une très jeune fille.

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Samia (Sarah Isabella) vit avec sa mère (Karole Rocher) et son aînée, bonne élève. A 15 ans, Sarah n’aime pas l’école. Jolie (elle n’est pas sans rappeler une version méditerranéenne de Reese Witherspoon), elle trouve facilement le chemin des soirées fréquentées par ses aînés, qui ne font pas attention à son jeune âge. Elle y rencontre Louise (Nina Louise) et Jessica (Bintou Ba), qui ont quitté leur famille pour la “protection” d’un jeune et joli proxénète, Nico (Idir Azougli, qu’on a vu dans le long métrage Shéhérazade, en 2018, qui traitait, dans un tout autre registre, du même sujet). Il promit à Louise qu’ils emménageraient bientôt dans une jolie maison au bord de la mer.

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aura de désespoir

Les trois interprètes, tous débutants, incarnent chacun à leur manière le mélange d’omniscience et d’aveuglement d’une génération qui a découvert le monde grâce à Internet. Ils savent tout de leur condition, de leur place dans la circulation des biens (leurs corps), mais croient naïvement à la possibilité d’échapper au piège qui leur est tendu sous leurs yeux. Scénario et mise en scène tournent résolument le dos à l’imagerie de la jeune fille posée sur le trottoir qui irrigue la fiction française, de Fantine à Shéhérazade en passant par Casque d’Or. C’est un risque, car il faut avouer que le trio inspire plus l’exaspération que la compassion.

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Quand le regard s’éloigne du quotidien des jeunes femmes et de leur proxénète, fait d’éclairs de luxe clinquant et de moments d’ennui (mais en l’occurrence, enfermée dans son habit de téléfilm, l’histoire manque de temps pour se déployer), nous suivons les efforts de la mère de Samia et des parents de Louise (Bernard Campan et Nathalie Richard) pour ramener leurs filles au bercail. Ni l’amour, ni la raison, ni la police n’y parviennent, et cette impuissance entoure l’histoire d’une aura de désespoir.

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Dans ses dernières séquences, le rythme s’emballe, pas tant pour faire circuler l’adrénaline que parce qu’il faut clore cette histoire. Encore ici, comme des reines se tient à distance, à la fois de la conclusion réconfortante et de la démesure tragique.

comme des reines, Téléfilm de Marion Vernoux (Fr., 2022, 95 min). Avec Sarah Isabelle, Nina Louise, Bintou Ba, Idir Azougli, Karole Rocher, Bernard Campan, Nathalie Richard. Disponible en replay sur France.tv.

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