Revue Pride and Prejudice de Netflix

âge moderne

Voulant s’éloigner d’un film historique trop classique, la réalisatrice Carrie Cracknell a décidé, probablement avec l’aide de Netflix, de moderniser le récit vieux de plus de 200 ans écrit par Jane Austen. Même si Orgueil et préjugésversions 1995 et 2005, Raison et sentiments mais aussi le plus récent Emma. ont tous modifié et développé l’œuvre dont ils s’inspirent d’une manière ou d’une autre, par des costumes, des modifications de scénario ou d’autres détails, Persuasion est plutôt dans la veine de Marie-Antoinette de Sofia Coppola et ses incrustations anachroniques.

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Sans aller jusqu’à lui mettre des Converse, on attribue tout de même au personnage principal des caractéristiques plus modernes, que ce soit dans son attitude, ses costumes ou encore sa façon de s’exprimer. Ainsi, Anne Eliott, une femme éduquée aux manières impeccables, utilise le mot “ex” et qualifie ce même « ex » de « dix », soit un dix sur dix physiquement. Si ces mots peuvent surprendre, surtout utilisés dans un film en costumes, on peut être charmé par cette actualisation du texte, au moins pour un certain temps.

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Les historiens de la mode transpirent sur cette serrure rebelle

En plus d’utiliser le langage courant, Anne est une femme moderne dans le sens où, telle une célibataire de notre époque, selon Hollywood, elle boit du vin directement à la bouteille et se morfond dans son bain débordant de bulles. Ces séquences burlesques, très Carrie Bradshaw dans Le sexe et la villesont une tache, car elles sont beaucoup trop dispersées pour constituer un réel biais.

Les touches de modernité sont incrustées avec tant de parcimonie queon s’interroge sur l’intérêt même de cette modernisation en demi-teinte. D’autant que les enjeux soulevés par le roman, fondés sur l’amour, la jalousie, la condition de la femme et la faillite, sont universels et donc, par essence, toujours d’actualité.

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Entre adaptation pure et dure et mise à jour, le choix ne semble pas avoir été fait, entraînant des dialogues étranges qui empêchent une adhésion totale au récit et des séquences plutôt gênantes, comme celle où Anne crie par la fenêtre pour attirer l’attention de son “ex”, une attitude pas très régence anglaise. Une transposition complète, c’est-à-dire à notre époque, aurait sans doute mieux fonctionné.

Persuasion : Photo Dakota JohnsonUn personnage qui se fond dans le décor, mais pas trop non plus

une contradiction intime

Si dès le début du film Anne est présentée comme la narratrice de l’histoire grâce à une voix off très présente, Persuasion a décidé d’aller encore plus loin en brisant le quatrième mur. Alors que dans la série sac à puces cette adresse directe au spectateur faisait partie d’une certaine malice et que les regards du personnage soulignaient les événements cocasses auxquels Fleabag était confronté, ici, le recours au regard caméra n’a pas la même saveur.

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Alors que nous aurions presque pu tolérer ces regards incessants, le personnage principal ne se contente pas de nous regarder… il nous parle ! Ainsi, le spectateur se retrouve plongé dans l’intimité du personnage qui s’adresse à lui comme s’il s’adressait à un confident ou plutôt à un ami imaginaire, tant cette interaction semble fausse. Cette idée, qui donne aux premières minutes du film un ton décalé, voire culotté, s’essouffle très vite.

Persuasion : Photo Dakota JohnsonRegardez le combat

En effet, si les commentaires du principal intéressé apportent un peu de piquant à l’histoire, ceux-ci sont bien trop fréquents et bien souvent n’apportent rien à l’histoire qui, au contraire, se retrouve plombée par ces intrusions incessantes. Durant longs monologues décousus devant la caméra, Anne nous raconte des banalités. Comme si le spectateur n’était pas assez perspicace pour comprendre par lui-même les enjeux, le personnage ne cesse de tout expliquer, même des éléments que la mise en scène explique déjà.

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Alors oui, quand elle se promène dans sa maison, on a l’impression de regarder un vlog et quand elle montre aux téléspectateurs ses lettres reçues, vers une vidéo YouTube, Dakota Johnson sauve un peu les meubles grâce à sa passion légendaire et son naturel rappelle celui de Keira Knightley dans Elizabeth Bennet dans Orgueil et préjugés.

C’est aussi lorsque le personnage oublie la présence du spectateur pour vivre des moments de pure joie, comme ceux où elle joue avec ses neveux, qu’Anne semble la plus épanouie et que Dakota Johnson parvient à apporter de l’émotion à son personnage. .

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Persuasion : Photo Dakota JohnsonAnne Ingalls

rencontrez-nous M. darcy

Si vous connaissez les romans de Jane Austen, vous savez qu’ils sont tous remplis, en plus d’être souvent de la critique sociale, d’une certaine fougue et que cette dernière a souvent été très bien retranscrite au cinéma dans de nombreuses adaptations. Mais cette fois, ce n’est rien. L’histoire d’amour censée être au centre du récit ne provoque même pas un tout petit frisson. Persuasion est dépourvu de toute tension et de tout désirle comble pour une adaptation de Jane Austen.

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la Le capitaine Wentworth, l’incarnation même du héros bienveillant, manque tellement de charisme on se demande pourquoi le personnage féminin lui a valu une telle dévotion. A côté de lui, les personnages de La Chronique de Bridgerton semblent presque bien écrits. L’autre personnage masculin, William Eliott, doté d’atouts physiques indéniables et censé représenter la tentation, n’est pas mieux loti.

Persuasion : photo de Cosmo Jarviscapitaine de bateau

Le principal défaut des personnages est qu’ils sont sous-exploités. La sœur cadette d’Anne, dont le franc-parler rappelle celui d’Amy March dans Les quatre filles du docteur March, ne sert qu’à rehausser la douceur d’Anne. Il en va de même pour tous les autres personnages qui, parce qu’ils ne sont vus qu’à travers les yeux d’Anne, sont très peu caractérisés.

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Très plate, l’histoire ne trouve jamais le moyen de se revitaliser, malgré l’arrivée d’un nouveau personnage au milieu du film, dont le but premier est de cristalliser les tensions. Pour terminer, Persuasion n’est qu’une rom com comme une autre.

Persuasion est disponible sur Netflix depuis le 15 juillet 2022

Persuasion : affiche

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