Sur Netflix et Disney+, le charme estival de Joel Kim Booster

DISNEY+ – SUR DEMANDE – FILM

Regardez successivement Psychosexuel et Île du feu (et il vaut mieux le faire dans cet ordre, si le portefeuille d’abonnements le permet), c’est un peu comme entamer une conversation avec un parfait inconnu que l’on quitte quelques heures plus tard – au moment du train, par exemple – avec l’impression d’avoir le connaît depuis des années. Humoriste de théâtre, acteur, scénariste, l’Américain Joel Kim Booster dévoile l’étendue de son registre comique à travers un stand-up show sur Netflix, et dans un long-métrage qu’il a écrit seul (enfin… avec l’aide de Jane Austen) et interprété, sur Disney+.

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Né en Corée en 1988, adopté et élevé par une famille évangélique de l’Illinois qu’il a quittée après son coming out, Joel Kim Booster a construit sa réputation de bad boy charmant en dix ans. des talk-shows de fin de soirée et des tournées à travers les États-Unis. Le rayonnement planétaire des plateformes lui offre, nous offre, l’opportunité de tester son potentiel d’exportation.

C’est une question qui taraude l’acteur. Son public – représenté ici par les spectateurs qui remplissent la salle où a été capté Psychosexuel – est-il capable de se retrouver dans ses blagues de jeune gay hédoniste, américain d’origine asiatique ? En guise de réponse, Joel Kim Booster a structuré son émission en trois parties : la première est constituée d’observations sur les mœurs de la communauté gay américaine et les tribulations de ses membres d’origine asiatique ; le second de blagues générales et, le troisième, d’une plongée téméraire dans les recoins de sa sexualité (qu’il atteint grâce à l’usage intensif de psychotropes).

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Exhibitionnisme apolitique

Cet exhibitionnisme assumé, qui se veut résolument apolitique (il raconte comment il s’éclipse lorsque sa mère veut l’entraîner dans une conversation sur le sort réservé aux statues célébrant des personnages de l’histoire américaine), trouve étrangement une résonance très large. A force de précision dans la chronique de son époque, d’élégance discrète (elle se cache sous les provocations), Joel Kim Booster donne une image inédite et séduisante d’une partie de sa génération, dont la précarité tient autant aux lois de l’économie qu’à à l’incertitude quant à l’avenir de la planète.

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On retrouve cette représentation, cette fois organisée selon les règles de la fiction, dans Île du feu sur Disney+. Pour structurer son histoire, Joel Kim Booster a emprunté à Jane Austen la trame deOrgueil et préjugésremplaçant les paroisses anglicanes du roman du bicentenaire par Fire Island, une île au large de New York, lieu de villégiature de la communauté gay depuis le milieu du XXe sièclee siècle.

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