voici les 15 meilleurs films coréens, à voir absolument

Ce mercredi 28 juin 2022 est sorti en salles Decision to Leave de Park Chan-wook (Old BoySympathy for Mister Vengeance). Récompensé à Cannes du Prix de la Mise en Scène, le film vient nous rappeler combien le cinéma sud-coréen est riche en trésors inestimables, faisant de ce pays un véritable El Dorado pour les cinéphiles. La preuve en quinze films. 

Attention : compte tenu de l’extrême difficulté que nous avons eue à classer ces chefs d’oeuvre, nous avons finalement opté pour un classement chronologique. 

1/ La Servante – Kim Ki-Young (1960)

Considéré par Bong Joon-ho (Memories of MurderParasite) comme “le Citizen Kane du cinéma coréen“, La Servante de Kim Ki-young est l’un des films matriciels du cinéma de la nouvelle vague sud-coréenne. Sorti en 1960, ce long-métrage en noir et blanc, qui raconte comment le quotidien d’une famille coréenne va être bouleversé par l’arrivée d’une servante au comportement ambigu, annonce déjà le cinéma de Park Chan-wook et de Bong Joon-ho. 

Ce film désespéré prend l’apparence d’un conte contemporain noir, mettant à nu les névroses de la Corée. Film démoniaque sur l’emprise, c’est aussi une histoire de confrontation entre la ville et la campagne, les classes populaires et la bourgeoisie, des obsessions au coeur de nombreuses oeuvres du cinéma coréen d’aujourd’hui. Si ce film orageux (dans tous les sens du terme) peut parfois paraître étouffant (notamment à cause de contre-plongées audacieuses qui semblent écraser les personnages), il n’en demeure pas moins essentiel pour tout amateur de cinéma sud-coréen !

2/ Joint Security Area – Park Chan-wook (2000)

Chef de file du cinéma sud-coréen de l’après-Dictature, Park Chan-wook est sans aucun doute le cinéaste le plus réputé du Pays du Matin Calme. Si pour beaucoup sa carrière se résume à Old Boy, second volet vertigineux de la Trilogie de la Vengeance (nous y reviendrons), il est nécessaire de se pencher sur l’intégralité de sa filmographie, à commencer par JSA (Joint Security Area). Le film, sorti en 2000, nous plonge au coeur des relations difficiles entre les deux Corées. Après une fusillade par un soldat sud-coréen sur la zone démilitarisée qui sépare les deux pays, et qui a coûté la vie à deux soldats nord-coréens, la NNSC envoie Sophie E. Jean, suisse d’origine coréenne, pour enquêter sur les raisons de l’incident, et ainsi mettre fin à une situation pour le moins explosive. Durant son enquête, la jeune femme découvrira que derrière cette fusillade se cache un secret inavouable. 

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Premier coup d’éclat de Park Chan-wook, JSA (Joint Security Area) est un véritable coup de maître pour le cinéaste coréen. Avec sa narration éclatée et sa mise en scène soignée, le réalisateur nous rappelle constamment que tout est question de point de vue, au cinéma comme en politique et dans les relations humaines, qu’elles soient fraternelles ou ennemies. Porté par un casting exceptionnel, avec en tout premier lieu Song Kong-ho (Parasite), véritable star en Corée que Park Chan-wook fera jouer à trois autres reprises, et Lee Young-ae (Lady Vengeance), le film a connu un grand succès en Corée. C’est aussi, peut-être, le film le plus humaniste de son réalisateur

3/ Ivre de femmes et de peinture – Im Kwon-taek (2002)

Réalisateur de près de 104 films, dont de nombreuses séries B, Im Kwon-taek est sans doute l’un des plus grands cinéastes sud-coréens de son temps. Et à plus d’un titre, Ivre de femmes et de peinture, sorti en 2002, et qui a été récompensé du Prix de la Mise en Scène (récompense qu’il a partagée avec l’excellent Punch-Drunk Love de Paul Thomas Anderson), pourrait bien être son oeuvre-testamentaire, bien qu’il ne s’agisse pas de son dernier film (il en a par la suite réalisé quatre autres). 

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À travers l’histoire du peintre coréen Jang Seung-ub dans la Corée du XIXème siècle, le cinéaste et scénariste semble raconter à la fois une part de sa propre vie et son expérience de l’art. Si Jang Seung-ub est excentrique, et grand amateur de femmes et d’alcools, il est comme Im Kwon-taek d’origine modeste (le peintre est un orphelin ayant appris la peinture dans une famille d’accueil, le cinéaste a passé une partie de son enfance dans la rue), et vit pour son art. Le film a permis également au public de découvrir l’acteur Choi Min-sik, dont la carrière explosera dès l’année suivante avec l’impressionnant Old Boy, récompensé au Festival de Cannes.

4/ La trilogie de la vengeance – Park Chan-wook (2002, 2003, 2005)

On ne présente plus Old Boy, récompensé en 2003 du Grand Prix du Jury du Festival de Cannes, présidé par un certain Quentin Tarantino. Film radical, suivant la quête vengeresse d’un homme interprété par l’extraordinaire Choi Min-sik, enlevé et enfermé pendant quinze ans sans qu’il sache ni qui est son kidnappeur, ni les raisons de ce kidnapping, Old Boy est un véritable monument du cinéma sud-coréen. 

Mais il ne faut pas oublier les deux autres opus de la Trilogie de la Vengeance. Le premier, Sympathy for Mister Vengeance : l’histoire de Ryu, jeune sourd-muet enlevant la fille de son ancien patron dans le but de le faire chanter afin d’avoir l’argent suffisant pour payer un rein à sa soeur malade. Mais l‘enlèvement tourne à la catastrophe, la fille meurt noyée, et le père inconsolable se lance dans une effroyable quête vengeresse pour tuer celui qui lui a pris sa fille. Comme d’habitude, Song Kong-ho y est incroyable, en père endeuillé, et Shin Ha-kyun (Joint Security Area) est extrêmement touchant, en jeune prolétaire dépassé par les événements. 

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Le troisième film, Lady Vengeance, abandonne le discours marxiste du premier pour proposer une véritable réflexion sur la vengeance. Magnifique jeune femme, Lee Geum-ja est obligée de s’accuser à tort du meurtre d’un petit garçon, parce que son vrai meurtrier (Choi Min-sik) la fait chanter. À sa sortie de prison, elle met en place tout le plan qu’elle a murement réfléchi durant ses années de captivité. Porté par une mise en scène captivante et une bande-originale absolument grandiose, le film doit également beaucoup à la grâce et au charme naturels de l’actrice Lee Young-ae (Joint Security Area). À noter que le film nous gratifie d’un cameo de Song Kong-ho et de Shin Ha-kyun, les acteurs principaux de Sympathy for Mister Vengeance. Ainsi, ce troisième et dernier volet met en scène l’ensemble des acteurs principaux de la Trilogie de la Vengeance

5/ Memories of Murder – Bong Joon-ho (2003)

Comptant parmi les films les plus appréciés (à raison !) des amateurs du cinéma coréen, Memories of Murder est aussi le film qui a révélé au public Bong Joon-ho. Portant déjà tout ce que deviendra son cinéma, Memories of Murder raconte l’histoire d’un flic de campagne (Song Kong-ho) et un flic prometteur venu de Seoul (Kim Sang-kyeong), qui enquête sur un véritable serial-killer qui a terrorisé la Corée, à la fin des années 80. 

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Polar à l’humour sardonique, Bong Joon-ho nous fait ici une magnifique démonstration de son talent de metteur en scène et de conteur d’histoire. Surtout, le cinéaste marxiste fait une magnifique démonstration des problèmes sociaux et politiques qui gangrènent la Corée du Sud. Il profite également d’un casting absolument prodigieux, comme souvent dans les productions sud-coréennes. À voir absolument !

6/ A Bittersweet Life – Kim Jee-woon (2005)

S’il s’est fait connaître grâce à Deux Soeurs, c’est avec A Bittersweet Life que Kim Jee-woon est devenu l’une des têtes de gondole de la nouvelle vague du cinéma sud-coréen, et l’un des cinéastes asiatiques les plus appréciés en Occident. Mêlant avec habileté le film de mafia et le film de vengeance, A Bittersweet Life raconte la chasse vengeresse d’un homme de main qui, parce qu’il a décidé de cacher l’adultère de la femme de son boss, s’est fait torturer par les siens. 

Combats à mains nues, à l’arme blanche et gunfights sanglants sont au menu de ce film porté par Lee Byung-hun, révélé par Park Chan-wook dans Joint Security Area. Avec A Bittersweet Life, Kim Jee-woon montre toute l’étendue de sa cinéphile, faisant la synthèse entre les films de yakuza japonais et le cinéma d’action hongkongais. Surtout, le réalisateur s’autorise de vrais instants de poésie, qui en font un film à voir de toute urgence, quand bien même il n’est pas le film le plus abouti de son réalisateur (on lui préfèrera J’ai rencontré le Diable).

7/ The Host – Bong Joon-ho (2006)

Troisième film de Bong Joon-ho, The Host est un hommage du réalisateur de Parasite aux films de monstres et aux films catastrophes. Quelques années après que l’armée américaine a versé un liquide chimique dangereux, les habitants de Seoul vivant aux abords du fleuve Han sont victimes des attaques d’une créature monstrueuse. Plutôt que de suivre des militaires ou une famille héroïque dont le sens du devoir les oblige à passer à l’action comme dans les films de Roland Emmerich, Bong Joon-ho préfère nous plonger dans la quête d’une famille de petites gens, pas bien malins, cherchant à retrouver l’une des leurs, enlevée par le monstre. 

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The Host est une pure démonstration de force de la part de Bong Joon-ho, qui montre son habileté, somme toute très coréenne, à mélanger les genres. Comme d’habitude avec le cinéaste du Transperceneige et d’Okja, le film de genre sert ici son discours extrêmement politique. Il y fait ici le procès à la fois de la présence américaine sur le sol coréen, et du traitement extrêmement naïf que lui réserve la classe médiatique. Au casting, on retrouve des grands noms du cinéma coréen : Song Kong-ho (Memories of MurderSympathy for Mister Vengeance), Byeon Hee-bong (Memories of MurderOkja), Park Hae-il (Memories of MurderDecision to Leave) et Bae Doona (Sympathy for Mister VengeanceLes Bonnes Étoiles). 

8/ Le Bon, la Brute et le Cinglé – Kim Jee-woon (2008)

Sorti entre A Bittersweet Life (2005) et J’ai rencontré le Diable (2010), Le Bon, la Brute et le Cinglé du même Kim Jee-woon paraît comme une vraie récréation, où le cinéaste sud-coréen expose toujours plus sa cinéphilie, à la manière de Quentin Tarantino. S’amusant avec les codes du western-spaghetti (le titre est bien évidemment un clin d’oeil au chef d’oeuvre de Sergio Leone), le cinéaste propose une comédie proprement jubilatoire. 

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Si le but premier de Kim Jee-woon semble d’amuser son public, et il le fait brillamment, le réalisateur propose également un commentaire sur l’occupation japonaise du début du XXème siècle, l’action se déroulant dans la Mandchourie occupée. Notons par ailleurs la présence de Song Kong-ho et de Lee Byung-hun, tous deux excellents dans leurs rôles respectifs. 

9/ The Chaser – Na Hong-jin (2008)

Un ancien flic devenu proxénète se lance à la poursuite du tueur en série qui a tué trois de ses prostituées et enlevé une quatrième. Tel est le pitch de The Chaser, premier film de Na Hong-jin, et premier coup de maître. Thriller implacable et désespéré, ce film brille par sa mise en scène, qui reprend tous les codes du genre pour mieux les exploser. D’une énergie folle, le film a laissé de nombreux spectateurs sans souffle, devant l’intensité de ce jeu de chat et de la souris. 

Depuis, Na Hong-jin a réalisé deux autres films, qui méritent pleinement votre attention, et qui montre tout l’attachement du cinéaste pour le cinéma de genre. Avec The Murderer d’abord, qui prend le contre-pied de The Chaser, tant dans le titre que dans la répartition des rôles des personnages ; The Strangers ensuite, film horrifique sorti en 2016, dans lequel le cinéaste évoque son angoisse de la mort. 

10/ J’ai rencontré le diable – Kim Jee-woon (2010)

Film de vengeance ultimeJ’ai rencontré le diable raconte la chasse vengeresse de Soo-hyun, joué par l’excellent Lee Byung-hun (Joint Security Area, A Bittersweet Life), pourchassant un tueur en série interprété par l’un des monstres sacrés du cinéma sud-coréen, Choi Min-sik (Old BoyIvre de femmes et de peinture), qui a tué sa fiancée enceinte. 

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J’ai rencontré le diable est sans aucun doute le film le plus extrême de Kim Jee-woon, et ce n’est pas peu dire, quand on sait la place qu’occupe la violence dans son cinéma. Cruel et d’une noirceur implacable, J’ai rencontré le diable est souvent cité comme l’un des meilleurs thrillers coréens. Il faut dire que le film possède de très nombreux atouts : sa mise en scène, son montage, sa musique, sans oublier un nombre impressionnant de scènes cultes (la scène glaçante des cannibales). S’il fallait lui trouver un défaut, on pourrait citer le fait qu’à cause du talent monstrueux de Choi Min-sik, Lee Byung-hun paraît en sous-régime. C’est pourquoi, malgré toutes ses qualités, on peut lui préférer The Chaser, sorti deux ans plus plus tôt. 

11/ Dernier train pour Busan – Yeon Sang-ho (2016)

Alors que la série The Walking Dead d’AMC, adaptée des comics de Robert Kirkman, et le film World War Z de Marc Forster ont redynamisé le cinéma de zombie, c’est peut-être bien le film sud-coréen Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho qui nous a offert la plus belle proposition du genre depuis longtemps. Le pitch est somme toute assez classique : alors qu’un virus se répand en Corée, les passagers d’un train luttent pour leur survie dans un train qui les mène à Busan, où ils espèrent être en sécurité. 

Outre son énergie folle, Dernier train pour Busan semble renouer avec l’esprit des films du légendaire George A. Romero (La Nuit des Morts-VivantsZombie), le cinéma de genre étant un prétexte pour le coréen de parler des victimes du capitalisme sauvage qui détruit les vivants en Asie. Le film aura droit à une suite, Peninsula, sortie en 2020, mais qui ne parviendra pas à satisfaire pleinement les fans du premier opus. 

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12/ Mademoiselle – Park Chan-wook (2016)

S’il est rentré bredouille de Cannes en 2016, le Mademoiselle de Park Chan-wook a émerveillé toute la croisette, ainsi que tous les spectateurs qui l’ont vu. Transposant l’intrigue du roman Du bout des doigts de Sarah Waters dans la Corée sous occupation japonaise, le film raconte les aventures de Sook-hee, jeune coréenne aux services de Hideko, magnifique héritière japonaise. Sook-hee travaille en sous-main pour un truand se faisant passer pour un comte, qui désire épouser Hideko avant de l’envoyer dans un hôpital psychiatrique, afin de lui prendre sa fortune. Mais Sook-hee tombera rapidement amoureuse de celle qu’elle est censée arnaquer

Souvent considéré comme le grand film “lesbien” du cinéma sud-coréen, Mademoiselle est en vérité bien d’autres choses. C’est à la fois un film sur le désir, mais également un film d’arnaque, avec une construction un peu à la Rashomon. Par ailleurs, le film confirme le tournant qu’a pris la carrière de Park Chan-wook avec le film Stoker, sorti en 2012 : sa mise en scène est si chirurgicale, ses plans si somptueux, qu’ils en deviennent la principale attraction de son long-métrageMademoiselle est un grand film, vénéneux et érotique.

13/ Burning – Lee Chang-dong (2018)

Adapté d’une nouvelle (Les Granges Brûlées) du plus grand romancier japonais contemporain, Haruki Murakami (Chroniques de l’oiseau à ressortKafka sur le rivage), Burning est sans aucun doute la meilleure adaptation de l’oeuvre de l’écrivain. Réalisé par Lee Chang-dong (Poetry), le film raconte l’histoire d’un coursier coréen, Jongsu, qui croise une ancienne camarade de classe, Haemi, dont il tombe amoureux, et qui lui demande de garder son chat pendant son voyage en Afrique. À son retour, elle lui présente un jeune homme fortuné, Ben (Steven Yeun), qui a un étrange passe-temps : brûler des serres abandonnées. 

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Même s’il déplace l’intrigue du Japon vers la Corée et qu’il s’éloigne souvent du texte d’origine, lui-même inspiré de la nouvelle L’Incendiaire de William Faulkner, Lee Chang-dong parvient à recréer l’ambiance si particulière des écrits de Murakami. Le réalisateur s’attache, à la manière du romancier, au quotidien de son héros solitaire, pour mieux faire basculer le récit dans l’étrange. Le tour de force de Lee est d’à la fois respecter l’oeuvre de l’écrivain japonais, tout en proposant un commentaire sur la jeunesse sud-coréenne. Aussi poétique que passionnant !

14/ Parasite – Bong Joon-ho (2019)

En gagnant quatre Oscars (dont celui du Meilleur film et du Meilleur réalisateur) et la Palme d’Or, Parasite a fait la démonstration aux derniers sceptiques du fabuleux potentiel du cinéma sud-coréen. Dernier film en date de Bong Joon-ho, le film nous replonge dans les obsessions marxistes de son réalisateur. Famille pauvre, les Kim décide d’arnaquer une famille voisine très riche, les Park, en investissant peu à peu leur maison.

En plus de bénéficier de la mise en scène toujours aussi précise de Bong Joon-ho et du talent de ses interprètes (dont Song Kong-ho, toujours lui), Parasite captive grâce à ses ruptures de ton audacieuses, typiques du cinéma coréen, et plus particulièrement de celui de Bong. Ainsi, en un quart de seconde, on peut passer des rires à l’horreur. Du reste, comme toujours avec la filmographie du metteur en scène, Parasite est un passionnant commentaire sur la lutte des classes

15/ Decision to Leave – Park Chan-wook (2022)

Sorti le mercredi 29 juin, Decision to Leave est donc le dernier film en date de Park Chan-wook. Flic passionné par son travail, Hae-joon enquête sur la mort d’un homme, tombé d’une montagne. Si l’on pourrait croire à un suicide, rapidement, ses soupçons se tournent vers l’épouse de la victime, Seo-rae (magnifique Tang Wei). Problème : il tombe instantanément amoureux de la suspecte. Présenté comme étant entre le Vertigo d’Alfred Hitchcock et Basic Instinct de Paul Verhoeven, Decision to Leave est fait un faux film noir, derrière lequel se cache une magnifique histoire d’amour. Le In the mood for love de Park Chan-wook. 

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Formaliste de génie, Park Chan-wook utilise sa caméra comme personne. Ses plans sont à tomber à la renverse, l’élégance de sa mise en scène n’a d’égale que celle de son actrice principale, et son montage audacieux en font l’un des plus grands chefs d’oeuvre du cinéaste sud-coréen. Si Park Chan-wook est surtout connu pour sa Trilogie de la Vengeance, on a peut-être assisté là au dernier volet de ce qui pourrait bien être sa Trilogie de l’Amour, composée de StokerMademoiselle et Decision To Leave. De même que Lady Vengeance prenait le contre-pied des films précédents, Decision to Leave prend le contre-pied de Mademoiselle, avec notamment un excès de pudeur qui rappelle le film de Wong Kar Wai que nous avons cité plus haut. Auréolé d’un Prix de la Mise en Scène plus que mérité au dernier Festival de Cannes, Decision To Leave est à voir ABSOLUMENT.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à nous dire quels sont vos films coréens favoris dans l’espace commentaires. Et dites-nous si vous seriez intéressé par un article similaire sur le cinéma japonais, chinois ou hongkongais. 

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